23 octobre 2006

Dérisoire ? Je sais...

Le jeu politico-médiatique poursuit ses frasques, ses à-coups illusoires, ses semblants de conviction. La semaine passée, premier acte de l’oral télévisé des trois prétendants socialistes.

Chacun s’est essayé à l’équilibre subtil entre savoir se démarquer sans trop s’écarter du programme officiel, ni trop montrer sa haine des deux autres. Des roucoulades, des ronronnements conceptuels et techniques, mais peu d’ouverture de voies nouvelles, décoiffantes, imprégnées d’un projet transcendant.


La voix et les intonations désagréables de Royal s’associaient à un discours se réclamant de la proximité, et, pour le coup, le nez était trop collé à l’accessoire pour vraiment insuffler le renouveau.

L’enveloppe rassurante, et un peu économico-lénifiante de Strauss-Kahn pourrait laisser croire à une stature d’homme d’Etat. Le décryptage au plus près de ses déclarations révèle l’absence d’amplitude des idées qui tournent dans le cercle simpliste de quelques pseudo mécaniques économiques.

Enfin, le transfiguré Fabius, réincarné en révolutionnaire rouge, aux senteurs coco (pas le numéro 5 !) de la plus sovkhozienne époque : bien pour le folklore, pour faire applaudir les militants nostalgiques de la rose mitterrandienne version décennie 80 naissante, mais inconcevable à la tête d’un pays se réclamant du XXIe siècle. Que M. Fabius-Laguiller conserve précieusement son International… dans le formol comme témoignage historique, mais pas comme projet politique, pitié !

A droite on se gausse, mais le bal ne s’annonce pas plus réjouissant : un Sarkozy arc-bouté sur ses ambitions personnelles au détriment des françaises ; un Dupont-Aignan façon blé en herbe qu’il faut laisser mûrir pour apprécier la sincérité de sa démarche ; un Villepin à l’héroïsme rogné qui se contente d’un attentisme discret ; une Alliot-Marie dont la rigidité semble parfois lui interdire la sphère subtilement subversive du pouvoir présidentiel ; et notre président qui pourrait rempiler ? qui peut croire à une quelconque faisabilité ?

Tableau des protagonistes prêts à dégainer dès que possible. Amen !

08 octobre 2006

Capitulation des consciences


Trente sept piges dans les gencives et rien pour s’égayer. (…) je me recentre sur l’actualité terrifiante du moment. Après les caricatures danoises, l’opéra annulé en Allemagne, notre tour est venu : la critique virulente d’un professeur de philosophie engendre une condamnation à mort par des intégristes islamistes.

A-t-on vu une seule manifestation de tous ces musulmans dits modérés pour dénoncer cette atteinte gravissime à la liberté d’expression ? Sûrement pas. La complaisance envers les intégristes de l’Islam s’insinue, insidieusement, dans la tête de ces croyants, et la lâcheté de nos politiques, de la plupart des intellectuels au silence assourdissant, laisse songeur sur l’étendue de la capitulation des consciences.

Le cher Antoine Sfer est lui aussi inquiété pour avoir fait paraître, dans Le Figaro, une analyse, certes plus subtile, mais néanmoins sévère (trop au goût de ces groupuscules islamistes) envers une certaine forme d’Islam.
Les mots amalgament-ils trop ? Musulmans, islamistes : quel partage ?


Aujourd’hui notre liberté d’expression est clairement menacée via l’exposition médiatique. Un blog perdu sur la toile pourra sans doute garder sa liberté de ton… jusqu’à ce qu’un excité du choc des civilisations s’en empare pour appeler au meurtre.


Qu’y a-t-il à comprendre dans cette démarche de destruction physique de celui avec qui on est en rupture idéologique ? Rien d’autre qu’un détournement du spirituel prétendu au profit de la barbarie ordinaire. Etant donné les choix migratoires adoptés pendant des décennies par les gouvernants, nous nous retrouvons avec des ennemis de notre forme de vie, de nos mœurs, de notre civilisation nichés à l’intérieur même du pays, prêts à égorger en cas d’amorce de conflit généralisé en interne, une guerre civile larvée, en somme. La plupart de ces vomisseurs des Etats-Unis gerbent aussi, sans parfois se l’avouer, sur notre propre forme d’existence.

Comment rester subtil sans poser des principes non négociables : le régime laïc qui accorde à chacun une liberté d’expression à laquelle s’attache un droit de réponse, voire une poursuite judiciaire pour diffamation. Mais rien de tout cela ne vaut pour les irrationnels religieux assoiffés de sang d’impies.

07 octobre 2006

Ôde à Luter

Découverte d’un univers de sensualité rythmique sur le tournoyant vinyle de Sydney Bechet joué par Claude Luter. Un 33 tours prêté par mon père et me voilà transporté dans ces joyeuses contrées aux courants musicaux.

Je venais d’entrer en jazz : m’esclaffer sans retenue avec Armstrong, suivre les notes fusantes d’Art Farmer, garder le tempo avec Wayne Shorter, plonger vers les bases au gré d’un Paul Chambers, me laisser caresser par les prolongations vocales de Sheila Jordan, flirter avec les transes dansantes de Herbie Hancock, revenir à du classique transcendé par Helmo Hope, me faire décoiffer la tronche par la bourrasque Jay Jay Johnson, chérir Lou et louer Dolnaldson pour les morceaux endiablés, se laisser aspirer par les dénivellations sonores du Benny Carter pour reposer son rythme cardiaque chez Hank Mobley, avec une rasade de blanches et noires virevoltantes de Thelonius Monk, et la course reprend, frénétique, au son d’US3 avant d’oublier la caisse pour du free Tristano and Marsh, mais Les Mc Lann LTD, en belle embuscade, nous ramène vers de doux tintements, glisser toujours avec les cuivres ravageurs de Stan Kenton ou se laisser habiter par l’harmonie Hutcherson…

Continuer à l’infini pour l’étoile Luter qui m’a ouvert le firmament "charnellisé" du jazz. Sol Lutte Air !