30 avril 2017

DLFN : Déchaîner La Fange Nationale

Le moment des confusions coupables se confirme. La Bassine a parfaitement réussi la dédiabolisation de son mouvement au point que le désormais principal représentant de la gauche renvoie dos à dos « l’extrême droite » et « l’extrême finance ». Qui ne dit mot consent dit le truisme populaire. Un responsable politique qui n’appelle pas à prendre le bon bulletin se rend complice de l’accession au pouvoir du FN.
Affiche électorale du NSDAP - 1932
Souvenons-nous. Début XXème siècle, Allemagne : le KPD (parti communiste) adopte la stratégie agressive du classe contre classe refusant l’alliance avec le SPD (socialisme réformiste) stigmatisé comme « parti bourgeois » et même « avant-garde du fascisme ». Aux élections législatives de 1932 le NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands) devient le premier parti du Reichstag avec 33% des voix. Dans un premier temps, chacun des perdants va s’accommoder du chancelier Hitler et même y déceler un avantage tactique : pour le KPD cela ouvre la possibilité du chaos révolutionnaire avec sa purge salutaire ; pour une partie du SPD cela facilite l’éradication du communisme. Résultat : les responsables des deux formations seront soit internés à Dachau dès mars 1933, soit exécutés.
Toute proportion gardée et contexte historique considéré, le slogan de quelques milliers de jeunes ayant défilé la semaine dernière révèle le vrai danger du tout-se-vaut qui, de fait, pourrait faciliter l’accession au pouvoir présidentiel de l’extrême droite : « Ni patrie, ni patron – ni Le Pen ni Macron ».
Après l’UMPS, trouvaille de la Bassine pour mieux fustiger le système qui lui a pourtant permis de prospérer, voici l’époque du DLFN (fusion de Debout La France et du Front National) dans le champ politique. Le souverainiste Dupont-Aignan épouse sans hésitation le nationalisme à la sauce xénophobe. L’attraction du pouvoir est telle qu’elle engendre ce minable Montoire intérieur. Le « Dupont La Haine » comme le surnomment désormais certains de ses administrés à Yerres, se présente encore dans une filiation idéologique avec de Gaulle : escroquerie idéologique honteuse du renégat. Il a seriné pendant toute sa campagne son attachement cardinal à l’exemplarité politique, à la probité de ceux qui requièrent les suffrages et le voilà jouissif dans la Bassine qui a très probablement détourné de l’argent public national et européen. Dupont-Aignan et Le Pen : laissez la mémoire du général de Gaulle tranquille, petits histrions pôvritiques que vous êtes !
Nous assistons à la systématique satisfaction des simplismes de ceux qui souffrent socialement et ne peuvent admettre leur propre responsabilité dans une remise en cause de leurs choix, de leur trajectoire. Le bouc émissaire lynché pour ne pas avoir à jauger ses échecs, ses manquements, ses incapacités : voilà que triomphe la société du report de la faute sur l’autre et le système, sur le banquier et la finance, sur le politique et le patron, sur le migrant et l’immigré… On se prépare de fameuses années vingt avec le goût rance ressuscité de celles du vingtième siècle.
C dans l'air du 27 avril 2017
L’électeur peut même aujourd’hui confier la vacuité de son ressenti sur un grand média ramasse-tout qui s’adonne au micro-caniveau. Tiens, par exemple, chez un électeur de Dupont-Aignan tenté par la Bassine et qui justifie son choix par la mise en parallèle d’enfin pouvoir empêcher vigoureusement l’immigration à l’échelle nationale et le choix salué d’une municipalité qui préfère pour l’instant  payer des amendes plutôt que de laisser se construire des HLM. L’amalgame faisandé ne fait l’objet d’aucune analyse critique par le média diffuseur : en boutant les immigrés hors de l’hexagone on se dispenserait de tout HLM mal peuplé pour les si propres et si vertueux nationaux. Même plus du simplisme là, plutôt de la débilité profonde, infâme, puante…

La massification électorale en cours autour de recettes prétendument libératrices pourrait bientôt faire s’effondrer le complexe système qui a maintenu, vaille que vaille, un semblant d’unité nationale.

Après l'édifiant débat-écharpage du 3 mai, j'ajoute les tweets inspirés par l'indigne Bassine :





27 avril 2017

La panse indécise

Le personnel politique, quoi qu'en pensent de grincheux esprits, ne se résume pas à une troupe indifférenciée. Le révélateur de la Bassine le confirme.
Côté minable, le mauvais perdant Mélenchon qui passe, d'un coup d'un seul, de l'éloquence insoumise au silence suspect. Comme dit la chanson "ça se sent..." qu'il veut le chaos ! Cette façon de renvoyer dos à dos Macron et Le Pen le déshonore et confirme l'égocentrisme d'une démarche bien plus rhétorique que politique.
En 2002 il appelait à se boucher le nez pour voter Chirac et battre l'extrémiste Jean-Marie ; quinze ans plus tard, le troisième âge entamé l'aidant, il cadenasse bouche et oreilles pour ne pas avoir à révéler son choix et à conseiller ceux qui l'ont soutenu. De l'opportunisme médiocre du Ponce Mélenchon Pilate.
Allez... que viennent les jours miteux de celui qui n'a même pas l'abnégation de l'intérêt vital premier du pays.

15 avril 2017

Évitons ce con tour pestilentiel

Si le garde-fou du vote blanc annulatoire avait été adopté, moi, et sans doute une majorité du pays, ne redouterions pas un second tour Mélenchon-Le Pen.
Le virtuose apostropheur fait croire qu’il gérerait mieux le pouvoir que celui qu’il encensait avant-hier, le Grec Tsipras, revenu piteux aux réalités. En réalité, sa simple élection dissuaderait les prêteurs et plongerait le pays dans les abysses chaotiques du défaut de paiement. La mauvaise tête coléreuse flanquerait ainsi une terminale gueule de bois au pays : après le Grand Soir insoumis, le petit matin décalqué.
Et l’autre, l’antipathique Bassine aux recettes simplistes pour apprentie-bourbier, son élection déclencherait illico une guerre civile et la mise au ban des nations. Une France fracturée, écartelée, démembrée agoniserait dans une haine déchaînée sur les ruines d’une Union européenne livrée aux charognards nationalistes.
Voilà peut-être l’inconcevable dilemme qui nous attend avec l’obligation imposée par le jusqu’au boutisme d’une majorité très très relative au premier tour, moins d’un quart des électeurs, de confier les rênes du pays à l’un des deux exaltés. Cataclysme en marche qui fera vite regretter aux électeurs dignes de Ponce Pilate leur bulletin extrême.

Moi j’aurai voté blanc, peut-être comme une majorité de citoyens désespérant que cette voie de la sagesse désabusée ne permette pas l’annulation du scrutin avec obligation de réorganiser une élection dans le trimestre suivant avec de nouveaux candidats. Un recul pour mieux se vautrer ? Trois mois de survie, ça vaut encore le coup…

08 mars 2017

Fillon, doigts dans ses crottes !

Ce n’est plus une casserole qu’il va falloir faire résonner pour accueillir Fillon à sa juste mesure, mais une batterie de cuisine. Après la phobie administrative du non-regretté Thévenoud, le Canard nous fait découvrir l’amnésie déclarative d’un François empreint d’hypocrisie.
Toutes les primaires du monde ne peuvent occulter son abyssale perte de crédibilité. Il est temps pour lui de se faire soigner pour syndrome grave d’arrangement dérangé avec la réalité. Qu’il ait cinq cents, mille ou deux mille parrainages ne changera rien aux affaires foireuses qui remontent à la surface. Il n’a plus rien d’un présidentiable. Il a tout du forcené qui « ne se rendra pas ». Il ne reste plus qu’à espérer la détermination judiciaire pour le déloger de ses certitudes indignes.
Réunir cinquante mille personnes, soit 0,11% du corps électoral français, et prétendre qu’il s’agit de la vraie France, « La France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans[-]culottes » – avec l’oubli révélateur du trait d’union sur son site officiel – c’est juste de l’escroquerie intellectuelle emballée dans trois couches de lyrisme rance. Pour détourner, une fois de plus, sa désormais anti-fondatrice formule : imagine-t-on le général de Gaulle se relégitimer avec le défilé de cinquante mille personnes ? Non ! Il en a eu vingt fois plus en 1968.
Fillon joue son dernier moment politique majeur, alors peu importe les révélations d’une presse évidemment aux ordres (de qui ?) et le déchaînement d’une justice partiale contre sa christique personne…
En 1995, Juppé se tenait droit dans ses bottes pour qu’aboutissent ses réformes ; en 2017, Fillon ne parvient même plus à rester droit dans ses crottes mouvantes. Une obstination qui voudrait se faire passer pour un parangon de la vertu victime du système… un comble pour celui qui en a vécu jusqu’à la lie depuis quarante ans !
Ses flagrants délits de volte-face, de contradictions et de maquillage de la réalité auraient dû sonner la fin de sa candidature… et le voilà qui ose prétendre œuvrer pour le bien du pays alors qu’il ne vise qu’à recharger à bloc son immunité. De parlementaire à président, elle obtiendrait une épaisseur mégatomique pour cinq ans. C’est au contraire le généreux système démocratique qui pourrait faire considérablement pour lui, le futur mis en examen qu’il ne faudra plus arrêter de scruter sous toutes les coutures, même s’il nous prive de le voir jugé comme un citoyen normal devant la justice du pays dont il brigue la première place.

N’ouvrons pas l’ère des François qui n’augure rien de bon : après un quinquennat de François l’éteint qui, selon Fillon, a géré le pays comme « un premier secrétaire du parti socialiste », renvoyons dans son château, et sans culotte, François l’atteint qui voudrait mener la France à la baguette à coups de férule traditionnaliste sur le bout des doigts, excepté les siens. L’examen de conscience du bientôt mis en examen n’a pas eu lieu, contrairement à ce qu’il a prétendu sur la place du Trocadéro : il est temps de le recaler définitivement.

22 janvier 2017

L'Investitrump Power

En rouge, le sous-titrage et le bas-titrage du premier discours de Donald Trump investi président des Etats-Unis d'Amérique. De la Trump Tower à l'Investitrump Power :

"Juge en Chef Roberts, Président Carter, Président Clinton, Président Bush, Président Obama, mes concitoyens américains et peuples du monde: merci.
Entrée en matière classique : Trump se normaliserait-il ?
Nous, citoyens d'Amérique, sommes maintenant unis dans un grand effort national pour reconstruire notre pays et pour restaurer ses promesses à l'égard de tout notre peuple.
Finalement non, revoilà la délicatesse trumpienne : j’hérite d’un pays en ruines et au fond du trou.
Ensemble nous déterminerons la voie pour l'Amérique et pour le monde pour des années.
La voie ou l’impasse ?
Nous ferons face à des défis. Nous serons confrontés à des épreuves. Mais nous finirons le travail.
Première tâche : structurer ma pensée et… me retenir.
Tous les quatre ans, nous nous rassemblons sur ces marches pour procéder dans l'ordre et la paix à ce transfert de pouvoir et nous sommes reconnaissants au président Obama et à la Première Dame Michelle Obama pour leur aide courtoise pendant la transition. Ils ont été magnifiques.
Moi aussi, je sais manier la langue de bois.
La cérémonie d'aujourd'hui cependant a une signification très particulière. Parce qu'aujourd'hui non seulement nous transférons le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre, mais nous transférons le pouvoir de la capitale Washington et le donnons à nouveau à vous, le peuple Américain.
Mais faut pas pousser : je préfère flinguer les élites et lancer mon hyperbole mensongère.
Pendant trop longtemps, un petit groupe dans notre capitale a récolté les avantages du gouvernement tandis que le peuple en a assumé le coût.
L’obsession du complot : des noms, des noms ! Qui est donc ce « petit groupe » ? Et lui, il a fait quoi ? De la philanthropie ?
Washington a prospéré mais le peuple n'a pas eu de part de cette richesse.
Supprimer l’Obamacare et baisser drastiquement l’impôt sur les sociétés ça va aider le peuple, c’est certain.
Les politiciens ont prospéré mais les emplois se sont taris et les usines ont fermé.
Une analyse tout en finesse, à moins que ce soit une extrême synthèse.
L'establishment s'est protégé lui-même mais n'a pas protégé les citoyens de notre pays.
Couche supplémentaire de populisme bas du front, mais une incohérence de taille : c’est avec une équipe de ploutocrates qui a abusé du système qu’il compte protéger son cher peuple.
Leurs victoires n'ont pas été les vôtres; leurs triomphes n'ont pas été les vôtres; et pendant qu'ils festoyaient dans la capitale, il n'y avait guère à célébrer pour les familles démunies dans tout le pays.
Et lui, que faisait-il ? Il forniquait en Russie ! A quel moment a-t-il montré la moindre compassion, la plus petite parcelle d’attention pour ces « familles démunies » ? Quand la voracité se grime altruisme…
Tout cela va changer, ici et à partir de maintenant parce que ce moment est le vôtre: il vous appartient. Il appartient à tous ceux réunis ici aujourd'hui et à tous ceux qui regardent à travers l'Amérique.
Cette journée vous appartient. C'est votre célébration.
Et cela, les Etats-Unis d'Amérique, c'est votre pays.
Vous, vous, vous… tant que vous ne m’emmerdez pas dans la jouissance de mes, mes, mes pouvoirs, sinon…
Ce qui importe vraiment ce n'est pas quel parti contrôle notre gouvernement mais si notre gouvernement est contrôlé par le peuple.
Et JE suis le peuple.
Le 20 janvier 2017 restera dans les mémoires comme le jour où le peuple dirige à nouveau la nation.
Ça va être étroit la Maison-Blanche pour 320 millions d’Américains.
Les hommes et femmes oubliés de notre pays ne seront plus oubliés. Tout le monde vous écoute maintenant.
Tout le monde écoute tout le monde : vous, toi, moi, nous, eux... La surdité serait parfois préférable.
Vous êtes venus par dizaines de millions faire partie d'un mouvement historique, tel que le monde n'en a jamais vu.
La fameuse « hyperbole réaliste » : le candidat le plus fabuleux, l’élection la meilleure, le Présidentissime de tous les présidents passés et futurs… Gâtés ces Américains !
Au cœur de ce mouvement, réside une conviction fondamentale: celle qu'une nation existe pour servir ses citoyens.
Je croyais que c’était à l’Etat de servir la nation. « Bonjour Madame la Nation, m’sieur Trump m’a dit d’m’adresser à vous : un cheeseburger, please ! »
Les Américains veulent de bonnes écoles pour leurs enfants, des quartiers sûrs pour leurs familles et de bons emplois pour eux-mêmes. 
Ajoutons, dans l’ordre des priorités : un beau garage pour leur maousse automobile qui pollue comme il faut, une niche sensas pour leur chien, une femme superbe pour leur braquemart…
Ce sont des revendications légitimes et raisonnables pour un public juste.
Suis-je légitime en ayant été élu avec presque trois millions de voix de moins que la candidate démocrate et en ne cumulant que 40% d’opinion favorable au premier jour de mon mandat ? Suis-je raisonnable en tweetant toutes les saloperies que j’ai tweetées ?
Mais pour trop de nos concitoyens, une réalité différente existe: mères et enfants sont piégés dans la pauvreté de nos quartiers défavorisés; des usines délabrées sont essaimées comme des pierres tombales dans le paysage de notre nation; un système éducatif, plein d'argent, mais qui laisse nos jeunes et beaux étudiants privés de savoir ; et le crime, les gangs et la drogue qui ont volé tant de vies et spolié notre pays de tant de potentiel non-réalisé.
La touche lyrique pour des Etats-Unis qu’on dirait tout droit sortis du tiers monde.
Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant.
Je vous propose, à partir d’aujourd’hui : la vulgarité, l’incohérence, l’irascibilité, le machisme, le racisme, le chaos… pour commencer.
Nous sommes une nation et la douleur des autres est la nôtre. Leurs rêves sont nos rêves; et leurs succès seront notre succès. Nous partageons un cœur, une patrie et un glorieux destin.
Sortez vos mouchoirs…
Le serment de fonction que je viens de prononcer est un serment d'allégeance envers tous les Américains.
Chiche !
Pendant des décennies, nous avons enrichi l'industrie étrangère aux dépens de l'industrie américaine; subventionné les armées d'autres pays tout en permettant le très triste appauvrissement de notre armée; nous avons défendu les frontières d'une autre nation tout en refusant de défendre les nôtres; et dépensé des milliards de milliards de dollars à l'étranger pendant que les infrastructures de l'Amérique se sont délabrées et abimées.
Le masochisme national, j’irai le butter jusqu’au fond des chiottes, comme dirait mon Poutinou. Nous, nous, nous d’abord ! Je surtaxe toutes les importations : tant pis si l’Américain modeste doit payer trois fois le prix de l’ancien système. Dépenser pour nous, nous, nous… Chacun chez soi, chacun pour soi, les non-Américains derrière le mur ! L’humanité vient de faire un grand pas !
Nous avons rendu d'autres pays riches alors que l'abondance, la force et la confiance de notre pays ont disparu de l'horizon.
Les Etats-Unis auraient investi massivement dans d’autres pays sans que ça leur rapporte ?
Une par une, les usines ont fermé leurs portes et quitté nos rives sans même une pensée pour les millions et millions de travailleurs américains laissés sur le carreau.
Retour en force des industries du textile aux Etats-Unis… Chaussettes et culottes dix fois plus chères : ça va leur plaire aux consommateurs-citoyens puisque ce sera du « maaade in USA ! I am… maaade in USA ! ». Voilà comment pallier l’absence de stars à mon investitrump…
La classe moyenne a été privée de son patrimoine qui a été distribué à travers le monde.
J’en suis le plus bel exemple : je ramasse tout et j’emmerde la classe moyenne qui n’est bonne qu’à m’élire. Merci la classe moyenne !
Mais cela appartient au passé. Et maintenant, nous ne regardons que l'avenir.
Un mandat pour regarder l’avenir : c’est con, mais plus on tente de s’en approcher, plus il s’éloigne… Y a comme un problème !
Nous nous sommes retrouvés aujourd'hui et nous décrétons, pour être entendus dans chaque ville, chaque capitale étrangère et dans chaque lieu de pouvoir, qu'à compter d'aujourd'hui une nouvelle vision prévaudra dans notre pays: ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique. L'Amérique d'abord.
Et nous, et nous, et nous, voilà la grande avancée trumpienne. Qu’on se le dise : tout pour nous, rien pour les autres. Gnathon-Trump sacrifierait bien l’ensemble des dérisoires âmes non-américaines contre l’assurance divine que chaque Américain puisse s’empiffrer deux fois plus.
Chaque décision sur le commerce, les impôts, l'immigration, les affaires étrangères sera prise pour le bénéfice des familles et des travailleurs américains.
Chaque fois qu’un des membres de mon gouvernement fera la culbute financière pour ses affaires avec des conflits d’intérêts d’une puissance inégalée, ce sera d’abord, évidemment, pour le bénéfice de ceux de nos concitoyens qui suent pour gagner trois dollars l’heure.
Nous devons protéger nos frontières des ravages des autres pays fabriquant nos produits, spoliant nos entreprises et détruisant nos emplois. La protection conduira à une grande force et prospérité.
Je combattrai pour vous de toutes mes forces et je ne vous laisserai jamais tomber.
Pour résumer : détruisons les pays étrangers, spolions leurs entreprises et fabriquons tout sur notre sol sacré, nom de dieu !
L'Amérique va recommencer à gagner, à gagner comme jamais auparavant.
Peut-être simplement un champion de la méthode Coué.
Nous ramènerons nos emplois. Nous reconstruirons nos frontières. Nous regagnerons notre prospérité. Et nous retrouverons nos rêves.
Des rêves à très haute valeur ajoutée : que ça jute de bénefs, qu’on croule sous le bonheur monétarisé, qu’on s’étouffe de prospérité bien gluante…
Nous construirons de nouvelles routes, autoroutes, ponts, aéroports, tunnels et voies ferrées à travers notre merveilleux pays.
Et s’il reste un peu d’huile de coude, on lancera un gigantesque chantier de construction des plus belles, des plus spectaculaires latrines pour chacune de nos villes, même les plus reculées, même les plus perdues au milieu du fabuleux nulle part américain. Des latrines, comme il n’en a jamais existé.
Nous extrairons notre peuple de l'aide sociale pour le mettre au travail, rebâtissant notre pays avec des bras américains et du labeur américain.
Pour ceux qui ne veulent pas en branler une, ce sera le camp de travail illico !
Nous allons suivre deux règles simples: acheter américain et embaucher américain. 
Allez ! deux autres en plus, c’est ma tournée : chier américain, virer américain !
Nous rechercherons l'amitié et la bonne volonté des autres nations du monde mais nous le ferons avec l'idée que c'est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.
Chacun chez soi, la loi du plus fort pour nous : tu la fermes amicalement, sinon c’est notre poing nucléaire dans ta gueule !
Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre.
Faut suivre : chacun chez soi, on fabrique tout chez nous et, en plus, on diffuse notre modèle à tous les autres. Du protectionnisme universaliste en somme. « Tais-toi quand tu parles », comme disait le père du grand Duduche !
Nous renforcerons nos vieilles alliances et en forgerons de nouvelles et unirons le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre.
Voilà un objectif qu’il est bon… mais pas un peu utopique, Donald ? T’avais même dit en trente jours, je crois…
Le fondement de notre politique sera une totale allégeance aux Etats-Unis d'Amérique et grâce à notre loyauté au pays, nous redécouvrirons la loyauté envers les uns les autres.
Hey ! vous ! les autres pays ! vous nous mangez dans la main bien gentiment et on sera loyal, sinon…
Quand vous ouvrez votre cœur au patriotisme, il n'y a plus de place pour les préjugés.
Mais quand vous vendez votre âme au nationalisme, il y a encore plus d’espace pour les apriorismes.
La Bible nous le dit "qu'il est bon de vivre quand le peuple de Dieu vit ensemble dans l'unité".
Elle dit aussi : tu ne mentiras point, tu ne feras pas d’impureté, tu ne désireras pas injustement le bien des autres… On rappelle ta biographie Donald ?
Nous devons nous exprimer franchement, discuter nos désaccords honnêtement mais toujours rechercher la solidarité.
La solidarité du coup de massue pour tous ceux qui n’auront pas rallié notre position.
Quand l'Amérique est unie, on ne peut absolument pas l'arrêter.
Le rouleau compresseur, « maaade in USA ! »
On ne doit pas avoir peur, nous sommes protégés, et nous serons toujours protégés.
Le bouton rouge, c’est moi, désormais, alors tenez-vous à carreau.
Nous serons protégés par les grands hommes et femmes de notre armée et de nos forces de sécurité, et surtout, nous sommes protégés par Dieu.
Ouf, il nous a évité : le prochain dieu, ce sera moi !
Enfin, nous devons voir grand et rêver encore plus grand.
Ça va en faire des séances de psychanalyse quand tout ce beau monde aura déçu.
En Amérique, nous comprenons qu'une nation n'est vivante que dans l'effort.
Et surtout dans les forts, les très très forts : moi et moi !
Nous n'accepterons plus des hommes politiques qui parlent et n'agissent pas, tout le temps en train de se plaindre sans jamais rien faire.
Il fallait bien tenter d’égratigner son prédécesseur.
Le temps des paroles creuses est fini. Maintenant, c'est l'heure de l'action.
…et de la pensée creuse qui fait résonner les aberrations.
Ne laissez personne vous dire que cela ne peut pas être fait. Aucun défi n'est assez grand pour le cœur, la combativité et l'esprit de l'Amérique.
Et si quelqu’un vous le dit, éradiquez-le !
Nous n'échouerons pas. Notre pays va être florissant et prospérer à nouveau.
Heu, je crois qu’on a compris… Tout le pays il est grand, tout le pays il est florissant !
Nous sommes à l'orée d'un nouveau millénaire, prêt à dévoiler les mystères de l'espace, à libérer la terre des fléaux et à exploiter les énergies, les industries et technologies de demain.
Pas modeste le gars ! Je vais vous l’empuantir votre millénaire. On se souviendra de mon sublissime passage à la Maison que j’aurai rendu encore plus Blanche que blanche jusqu’au-delà de l’univers…
Une nouvelle fierté nationale va animer nos âmes, élever nos regards et guérir nos divisions. Il est temps de se remémorer ce vieux dicton que nos soldats n'oublieront jamais: que l'on soit noir, métis ou blanc, le même sang patriote court dans nos veines, nous jouissons tous des mêmes libertés et nous saluons tous le même grand drapeau américain.
Ça, c’est pour faire oublier ses papouilles au Ku Klux Klan…
Et qu'un enfant soit né dans la banlieue de Detroit ou dans les plaines balayées par les vents du Nebraska, ils regardent tous le même ciel la nuit, leur cœur est plein des mêmes rêves et ils sont habités du même souffle de vie du Créateur tout-puissant.
On en pleurerait… Le Trump humaniste est-il né ?
Ainsi, à tous les Américains, dans chaque ville, qu'elle soit proche ou lointaine, petite ou grande, d'une montagne à l'autre, d'un océan à l'autre, entendez ces mots: vous ne serez plus jamais ignorés.
Je vous ai à l’œil, mes chers Américains…
Votre voix, vos espoirs, et vos rêves vont définir notre destinée américaine. Et vos courage, bienveillance et affection nous guiderons tout au long du chemin.
… qui sent la noisette…
Ensemble nous allons rendre à l'Amérique sa force. Nous allons rendre à l'Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l'Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l'Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l'Amérique sa grandeur.
Quel sens du marketing politique, un petit rappel de son slogan électoral pour finir. Du grand art !
Merci, Dieu vous bénisse et que Dieu bénisse l'Amérique.
… et qu’il m’évite, surtout, de faire trop de conneries. Signé : un tweeter compulsif.


08 janvier 2017

De l’indigeste buisson à l’imbouffable morelle

Sarkozy avait son buisson, plus ou moins caché, conseiller aux sombres calculs qui, auparavant, avait buissonné quelques années pour dénicher la belle bête électorale. Avec l’ardent Sarko, un pur-sang à monter et un affectif à enregistrer dès que possible… Le dissimulateur buisson a pu ainsi réaliser ses basses œuvres, toujours gonflé de ses certitudes, exhibant désormais sa Cause du peuple pour mieux se répandre sur le petit teigneux retraité de la politique.
Hollande a lui sa morelle. Pour rappel, « plante dicotylédone [aussi facile à retenir qu’Aquilino !] (…) dont les nombreuses variétés (…) sont cultivées comme plantes comestibles » (Le Grand Robert, tome IV). Bien plus insignifiante que le buisson sarkozyen, elle a su se rendre inconsommable. En avril 2014, ce conseiller avait osé le parallèle entre la brutalité prétendue de son éviction et… le génocide rwandais ! Nous découvrions alors et le personnage et le sens de sa mesure et le degré de sa pertinence intellectuelle. Très vite, il se confiait sur son désir de vengeance éditoriale, comme si Hollande n’avait pas assez de boulets paginés aux pieds. Le dernier flanqué, celui de Lhomme et Davet, a, sans doute, motivé sa renonciation présidentielle à un âge bien plus vaillant que Benoît XVI (bon, c’est vrai, il avait une élection à surmonter le François pas pape).
Peu importe que cela n'ait plus aucune importance, la morelle veut laisser sa propre charge : la voilà mutée en plante vénéneuse, sécrétant son fiel toxique sur les ondes. Curieusement sous l'influence de Fugain époque Big Bazar, elle s’épanche dans la presse pour vendre son lourd et laid libelle (plus de 400 pages quand même) avec une révélation fracassante : Hollande, faux gentil et vrai méchant ne voulant pas exercer le pouvoir. Un disciple manchot de Machiavel, en somme. L’Aquilino aurait pu continuer en chantant : il fait l’amour le samedi, le gentil ; il fait ça n’importe quand, le méchant ; il publie ses saloperies, le gentil ; il vomit tous les sans-dents, le méchant !
Le spectacle permanent des politiques ne suffisait plus, voilà qu’on nous inflige les mauvaises pièces de conseillers félons. Ils se vautrent en confidences sur celui qu’ils ont fait mine de servir. Ils font fructifier leurs petites crottes éditoriales grâce à ce privilège initial et à la si fameuse « visibilité » médiatique que cela leur confère. Ils conchient ainsi allègrement la réserve qu’exige ce type de fonction, y compris lorsqu’on n’est plus en poste.

Si les gentils buisson-morelle avaient eu en charge de torcher leur chef d’Etat respectif, nous aurions eu très vite tous les détails physiologiques des postérieurs présidentiels, pour commencer... Il faut tirer la leçon du comportement de ces nuisibles bavards et conseiller (gratuitement, ça changera !) au prochain locataire de l’Elysée de sélectionner avec grand soin ceux et celles dont il s’entourera. Il serait dommage qu’une si classieuse tour d’ivoire soit à nouveau salopée par les défécations incongrues de plantes qui ne peuvent plus se retenir une fois sorties de leur pot.

01 janvier 2017

M'en allant promener...

Pour cette promenade, se sont glissés divers acrostweets à dénicher. Les solutions se découvrent en cliquant sur les mots signalés par leur couleur différente. 


Trombacrostweet 2016 - première partie

Alors que je m’essaye à des intonations totalement habitées pour interpréter avec fougue l’air éternel, le chemin régional s’élargit d’un coup de baguette administrative. On devrait s’y sentir plus à l’aise… on devrait, mouaip ! Du champ pour le premier fracas de l’année, le départ de celle qui voulait tenir autrement une bouillonnante insécurité : risques augmentés de dysfonctionnement par ce laxisme prétendument humaniste. Avec cet abandon de poste, l’occasion de voir s’agiter tous ces petits personnages au rond de cuir respectif plus ou moins couvrant pour leur fondement.
Au premier virage, le début des emmerdes : ça braille sur l’enrobé, ça capitule sur le bas-côté alors que Dylan et Laurette pétillent en chansons humées. Je m’arrête un instant pour faire l’accolade au bonhomme à la gouaille affective liée au bien rire unificateur. On trinque et hop ! je repars sur cette voie mal éclairée, me tapant bientôt les enragés d’une déraisonnable invention ensorcelant unilatéralement. Son représentant est là aussi, bien embarrassé devant tant d’excitation mortifère. Il confie à qui veut l’écouter : «  Mes adeptes haineux occultent mon expérience tolérante… ». C’est bien là le nœud gordien de l’affaire : un avilissement liberticide lubrifiant aux hurlements outranciers une addictive kalachnikov badigeonnée au religieux. J’accélère le mouvement des jambes pour sauver mon cou du tranchant des armes rouge liquide.
Je fuis vers celui qui me fait un geste amical : lui n’a que des détonations artistiques vêtues incroyablement de brillances où Warhol inspire expressément. Je lui réponds en rythme, sur le même morceau salvateur. Du cœur et de la conviction, il va m’en falloir pour tenir tête au petit hargneux qui jaillit du buisson avec ses thèses prémâchées en bandoulières. Je reconnais le profil et son processus : crédule ou négationniste, son petit intellect, rissolé aux tartignolles inventions, obstrue nuisiblement notre intègre savoir tant explicité mais en vain rabâché. Je ne vais pas m’échiner à le ramener sur le bon chemin. Ma route est encore longue, les embûches et rencontres sans doute encore nombreuses. Atla ! atla !
Qui est ce monsieur tout sec qui tient, sans pouvoir vraiment le cacher, un gros cahier noir ? Il est temps de lui faire cracher cet hitlérisme enfoui irrigant des essentialités glosées : graves enlacements rédhibitoires pour ce faux sage. Je me détourne, bien déçu de la découverte, et change de focale pour distinguer en contreplongée des empreintes tournées toujours où rayonnent encore suffisamment ces ouvertures libérant ardemment nos aspirations. Baume au cœur du créatif qui permet d’affronter les ennemis de la fréquence intellectuelle : krach intégrationniste et laxiste kermesse raillés alimentent un tremblement d’indignation.
Se reprendre et poursuivre, vaille que vaille, le baluchon en vrac et les godasses qui bâillent… Ecouter ce convaincant orateur humanisant notre – branlante – Europe nonobstant d’inquiétants tiraillements. Noble engagement sur ce sentier de plus en plus décrié. Tenir bon face aux entrepreneurs de démolition. J’attrape la glaise de cet absolu royaume trop hérissé. Un rêve rimé insolemment me brise : abyme ultrasensible dépeint est à deux pieds de m’ensevelir. Je songe alors à ces barbants rosbifs exigeant Xième infecte transaction pour rester solidaires. Ils veulent quitter le tracé commun. Soit, mais ce sera sans retour possible. Essayer de ne pas mourir à nouveau du triptyque apocalyptique - viscéral enfer, rage déchiquetée, ultime noirceur - c’est tout ce que souhaitent les Européens de bonne volonté. Pour cela, un modèle : bibliothèque enchantée reliant tout ouvrage, exaltant chaque opportunité. Lire sous ce chêne aux bruissements apaisants : voilà la pause régénérante qu’il me faut avant d’aller dire ses vingt-sept vérités à ce dangereux Anglais venant infliger des coups au moteur européen : référendum obscène napalmisera le suant mal arrimé.
De l’autre côté du pont sans Manche, je dois subir les blagues de troufion du sinistre amuseur : ce yéti rigolard infecte la hutte audiovisuelle, nasse où un naze abêtit la masse hypnotisée par de péteuses existences obsédées par l’exhibition. Je peux enfin m’extraire grâce à une saoulerie affective intriquant nos trajectoires accidentées, mais oxygénant une ruralité.
Le vagabondage s’étoffe de visions improbables, telle celle près des fourrés : pénétration religieuse et tentations refoulées entretenues. Allez ! pour compléter la fresque, amène ta pitoyable hypocrisie intégrant les immondes prêtres pédocriminels ; ennuyeux barouf aux révélations bigrement accusatoires : réputation indubitablement niquée. Bouchez l’encens ! Du spirituel à l’économie, les perditions se répondent. Ainsi, pour Areva : notre nullité entrepreneuriale laisse agonisante une vaillante entreprise ruinée grièvement en opérations nucléaires. Agitez le goupillon…
J’avance pour la forme, déjà nauséeux, mais le pire m’attend avec cette fosse à purin en extension : au fond gigote l’immonde. Ce salopard aux lâches attentats heureusement arrêté, bien difficilement extradé, sentira les assises méthodiques de l’hexagone. Lui et d’autres, pas plus ragoûtants, viennent d’une matrice opérationnelle livrant en nombre barbares enragés et kamikazes prêts à se faire exploser. Je passe la nuit un peu plus loin, pour me chuchoter quelques songes.
Au matin, le signe d’une journée ensoleillée avec nos plats intensément enchanteurs : rire résolument en cuisinant ou foudroyer force enfumeurs tel ce théoricien aux ramifications intégristes qui radote, avec moult archaïsmes, des aberrations nauséabondes. Je le laisse, après l’avoir entarté, à sa pseudo docte conférence. Après le trou d’hier, je tombe nez à tas avec un monceau de pourritures argentées niant avoir magouillé : affairisme politique avec prévaricateurs en ribambelle salaude. Comment sortir de cet avilissement généralisé ? Certainement pas avec ce que propose le rassemblement improvisé dans les sous-bois. J’écoute leurs discours, j’observe leurs attitudes. Déception : la nébuleuse utopie, incertainement travaillée, déguisée en bond offensif : un théâtralisme impossible à mettre en œuvre. Tout près de cette bavarde réunion, un déjanté des villes se défoule : le caractériel arriéré saccageant son environnement urbain rageusement me laisse perplexe. Quel message à déceler ? Je devrais lui conseiller les incontinents nuages occupant nos divers aménagements terrestres immergés ou nettement saccagés : de l’humain à la nature, une vraie convergence dévastatrice.
Pour prendre le large et viser la prochaine clairière, rien ne vaut la musique du lutin génial : pop rock, intuitivement noués, copulent enfin. Cet univers de notes tranchent avec le hérissement épique orchestré : honnir les assourdissants geignards aux uppercuts contre Hollande enlisé. Ça renifle le regroupement factice en cours de liquéfaction. Je m’amuse de leur parade faussée, mais regrette la laxative opposition interdisant toute réforme ambitieuse : vase aux insignifiances législatives contre lesquelles s’insurgent pourtant les frileux manifestants qui piétinent. Dans un recoin ombragé se démènent deux négociateurs pour trouver une issue à leur projet dont l’annexe, en forme de devise, n’est possible que pour l’une des parties au contrat : truander autrui favorise tes affaires précise l’addendum. Quel progressiste programme !
La marche au cœur réformateur oxygène nettement et, comme chaque fois depuis le début du cheminement, la purge sera mélodique. En l’espèce, une bien plus belle affaire : harponne une boule en rimes, ta musique orbitera, unissant nos inventives envolées rythmées. Bonheur transcendant que je peux associer aux images projetées sur une toile tendue qui parviennent à nous surprendre toujours en visant extraordinairement nos significatives peurs immergées et les balades extraterrestres rêvées génialement. Chapeau, les artistes…
Tout éprouvant que soient certains passages du chemin choisi, cela à l’avantage de ne pas sombrer dans l’artifice suprême d’un autre lieu visité naguère et pour lequel un bilan sévère s’impose : frime et stras transpirent ici, vérolant ainsi les déambulations empruntées. Croisette aux narcisses nantis et superficiels symbolise l’endroit.
Je cumule les kilomètres et les sombres personnages s’ajoutent. Ainsi, je ne peux adhérer à la conception du pouvoir de ce moustachu impassible qui, en religieux dirigiste opprime gravement : assombrissement national qui perdure suite à ses choix impardonnables. Derrière lui, des plaintes sourdes émergent du sol fraichement retourné…
En face, sur la berge démocratique, l’antre social se porte bien. Les emmerdeurs s’y nichent, déclarant inacceptable chaque avancée : tas contestataire gueulant toujours et encore. Ça lasse… d’autant que parmi eux se dresse le meneur, petit hargneux incitant les interminables protestations pour exister, moustachu arriviste rejetant tout initiative novatrice : extrémiste zinzin, pour résumer le furieux. On est là très loin de la jaillissante communication déroulée en couleur aux urbanismes xérographiques. On est tout juste dans le meuglement ressassé…
Après un temps de marche apaisante, une descente me fait passer à côté de quelque chose sans y prêter attention. Quelques mètres après, je m’arrête, pris d’un doute, me tourne vers cette forme et comprends à quoi j’ai affaire : un gars immobile, entièrement nu, peint en vert fougère, tente de se faire oublier. C’est bien lui, le député écUlogique nous infligeant sa bistouquette avec un prélude imposé négativement. Une sorte de DSKéquette inassumé. Je lui souhaite de ne pas croiser celui qui s’est forgé la réputation de mettre out : harangues athlétiques massivement engagées, dénonçant aussi les injustices et qui pulvériseraient le vert nabot.
Pas de quiétude pour aujourd’hui. Le son massif d’une foule bien identifiée me parvient, manifestation d’un engouement un rien outré : dopage encouragé, fric obscène où taper baballe attise la liesse, voilà ce qui perturbe mon parcours. Fréquemment dans leurs rangs, des hordes opérant ostensiblement : leurs instincts guerroyant avilit notre société. De toutes parts, de quoi se dégoûter du monde. Ces déchaînements ludico-nationalistes rendent impuissante la juste orientation combattant odieuse xénophobie et qui expire, poignardée au cœur de l’Europe. Cela ne semble pas perturber la course qui se prépare deux mètres devant moi. Huit concurrents derrière la corde vont chacun verser dans la pesante rivalité individualiste menant aux indigestes racolages électoraux. Sans maître à aduler, l’épreuve devrait les départager.
D’un coup, les étoiles en rond tremblent et une portion conséquente au nord-ouest se détache et me flanque une gerbe référendaire au nocif divorce européen. Brutal rejet en travestissant assez grossièrement notre ensemble, c’est ce qui me vient à l’esprit lorsque je croise l’échevelé responsable de la rupture et dont l’incohérence politique révulse. Pour synthétiser l’énergumène et ses choix : brexit ourdi, renoncement imprévisible, son jeu opportuniste heurte. Non-sens où naufrager, mais lui s’en tire avec une pirouette. Son compère, nationaliste insulaire, grouine, excitant les fielleux au royaume angoisseux, guère européen. Duo infâme ! Je les regarde rejoindre le néant. Un visage qui m’est familier fait de même, le regard acéré d’une méthodique intelligence croyant hautement en la rectitude opérationnelle. Cette aspiration rayonnera durablement, espérons-le. Cela compensera un peu le délitement intellectuel des déserteurs de l’Europe.
Après une nuit agitée, un réveil cauchemardesque : j’apprends les crimes de l’abject terroriste tuant en nombre tellement atrocement. Témoignons aujourd’hui notre immense compassion endeuillée. Les heures lourdes s’écoulent et les détails du crime m’effondrent : lente avancée pour repérer où massacrer effroyablement ; nette accélération devant écraser, démembrer, ensanglanter sans arrêt. Nos glaçants linceuls accumulés infernalement sidèrent et la promenade devient caveau ouvert.
A quelques centaines de lieues de là, douze jours plus tard, la marche chancelante, je m’arrête devant un corps de blanc vêtu. Je demande aux badauds ce qu’avait bien pu faire ce père pour une telle sentence : juste arborer cette quiétude unificatrice et succomber héroïquement au monstrueux égorgement. « Luttons contre ces barbares ! » je hurle, submergé par une vague de représailles nucléaires pour en finir avec le dépotoir aux excréments criminellement haineux. Je suis alors pris d’un délire rageur, et lorsque le chemin se met à longer une plage, je fulmine en voyant s’exhiber en habits mouillés des bécasses utilement repérables. Kilos informes nous incommodant par leur dissimulation : seraient-ils offensés par notre regard ? Tout se brouille en moi, mais je me dégage des sables mouvants pour rejoindre notre bonne vieille terre ferme.
Le soir, près d’un feu de bois aux craquements reconstructeurs me vient cette réflexion : sans croyance handicapante, on peut entrevoir notre humanité aux urgences en représentation. C’est bien ce qui doit m’animer, en sage agnostique que je m’efforce d’être. A trop rester dans le brouhaha de l’insane actualité, j’en oublie les élans salutaires : modifier irrésistiblement ces habitudes en littérature, bariolant un trop ordinaire rêve. Voilà qui élève l’âme, mais brièvement.
Le lever se fait dans l’angoisse d’un paysage à la botte bouleversée. L’apocalyptique magnitude, aux tremblements ravageurs, italianise cet effroi. Il faut pourtant reprendre le trajet avec les indignes qui l’assombrissent. Ainsi cette entreprise qui, avec un lait acheté chichement, traite abjectement les interlocuteurs souffreteux. De même cette société qui doit subir la sanction politico-médiatique : abandonner lestement son territoire ostracise mécaniquement, et ce jusqu’à l’absurde. Une compagnie s’invite au bal des structures avec parures affriolantes : la mortifère organisation nie souiller abjectement nos terres optimisées. Du grand art de communication. Enfin, pour finir la tablée, signalons cette firme aux lourdes affaires fricotant avec rançonneur groupe ennemi qui se prétend Etat.
Je prends alors la bifurcation qui se présente mais d’autres scènes s’imposent, tout aussi désespérantes. Je découvre, stupéfait, le choix d’un personnage ayant occupé la première place de la commission européenne et qui ose une bancaire abjection ralliée, reniant outrageusement ses obligations morales. Il intègre, sans sourciller, l’établissement qui génère opportunément la délinquance mercantile, aux notables salauderies, avec captations hermétiquement suspectes. Je voudrais me distraire de cet univers puant. Je cède alors à une pécuniaire opération kidnappant évidemment mes occupations nigaudes : gesticulations obéissantes auxquelles je mets très rapidement un terme par l’écoute de celle qui sait s’élever contre la miséreuse ère : radieux engagement transformant en résolution efficace ses aspirations. Un parcours exemplaire que le sien.
Via cette transcendance, le chemin me révèle une temporalité intuitivement merveilleuse balisant un royaume ténu où nicher. Je m’assoie et assiste à l’envol vertigineux avec grâce : rôles enchantés en noblesse jusqu’à enhardir la limpide attraction pour une révélation nimbée en lumineuses lévitations. Une pure poésie que ces projections insatiables en rêves rayonnants, en tournages cinématographiques humainement expertisés rendant nos interviews affectueuses. Je dois prolonger de si rares moments, mais très vite le satané réel reprend ses droits.
Le hasard de la balade me fait tomber sur une scène révélatrice de l’époque et du penchant malsains des téléspectateurs et auditeurs. Juxtaposer un nettoyage gendarmé lourdement et des effervescences certainement audiovisuelles les abreuve : infecte sensationnalisme qui se systématise. Il reste pourtant du journalisme d’investigation de qualité consistant à épingler les impunités suspectes en livrant un combat efficacement télévisuel tout à l’honneur d’un service public par contraste avec une chaîne privée d’information et ses insolubles tensions érigeant les éreintements en gestion inhumaine.
Près d’une mare, un pavé va précipiter la chute du Président trop bavard : Ubu ne peut rendre élégantes ses incontinentes déclarations. En ne taisant nul épanchement, des énormités vachardes ridiculisent avec insistance ton pouvoir assurément sans dents : inexcusables rots élyséens, calamiteux aboutissement à l’horizon. Cette avalanche de prosaïques révélations incite à sortir du chemin et à s’enfoncer au hasard d’un lyrique effleurement ombrageant nos arts rêveusement dans ces orages hantés et nourriciers qui me conduisent vers une héroïque extraction nommée déradicalisation autoréalisée : avancer, yeux alertes, réveil incisif. Une belle âme croisée au détour du passage buissonnier. Au hasard des rencontres à l’écart des balises, j’étoffe mon affolante rubrique : coccinelle en luron glacial opine, traçant l’irrésistible bande si vivement dessinée. Là, au moins, la folie s’assume comme un contre univers n’ayant pas la dangereuse prétention de remplacer les complets gris au pouvoir, au contraire des cinq bidonnantes étoiles pour pitre europhobe : grave rage inconséquente légitimant les outrances et ouvrant la voie à l’esbroufe politique parée du verni de la dérision. Certes, nous sommes encore loin de l’apocalypse létale en pire, mais le détricotage de l’UE n’augure rien de constructif.
A une encablure de là, comme une incongruité juridique qui voudrait voir des feuilles en hiver, la Cour de justice de la République se lâche : culpabilité hémiplégique rendue incompréhensible, sanction totalement indolore, négligence effaçant les abus générés avec ribambelle d’euros. Depuis la chiraquienne promulgation sans application, on n’avait pas eu une telle loufoquerie d’un droit de plus en plus de travers.
Pour nous rappeler la persistance d’une ligne barbare, l’attentat de Berlin saigne à nouveau le continent. Face aux criminels terroristes, l’irréductible combat humaniste bâtit irrésistiblement notre Europe, illumine notre bien essentiel : résistante liberté ici négociable en rien. Se souder dans l’adversité, voilà ce qui doit justifier la poursuite de notre construction politique.
La fin de la promenade révèle diverses disparitions, hécatombe chez les artistes. Parmi elles mon intimiste cinéma hésite entre lascivité et mystère : oser regarder Gabin avant nirvana demeure une scène mythique. Un signe que grandir en Older régénère : généreuse expression musicale imprégnant cette hardiesse assumée et libertine, tout comme perdurera l’œuvre d’un monarchiste indécrottable, ce hussard  expérimente les destinations éloignées, oasis narrées en délicatesse.
Au bout du chemin, qui sera naturellement prolongé pour 2017, je perçois deux silhouettes qui se tiennent la main. D’un côté, une devanture oxydée noircissant avec lourdeur des temps régressifs : une malfaisance politique. De l’autre une virilité liberticide assoiffée d’influences mondiales ; intérêts russes préservés obstinément ; unilatéralisme testant intelligemment nos errements.

Pas bien rassurant, le couple : doit-on vraiment leur souhaiter une belle année ?


Trombacrostweet 2016 - seconde partie